12 Years a Slave

Avant la guerre de Sécession, Solomon Northup vit à New York avec sa famille. Un jour il se fait kidnapper et est vendu en tant qu’esclave dans un état du sud…

Une version sérieuse de Django Unchained ? Pas seulement…

Tiré d’une histoire vraie, le film ne retrace pas uniquement la vie d’un homme mais arrive à retranscrire la triste vérité. En effet bien loin du rêve américain auquel le personnage principal croit, on se retrouve dans la servitude impitoyable où même survivre en devient ridicule.

Le réalisateur arrive à montrer au fil du temps l’évolution psychologique de cet ancien homme libre. Car si d’abord le personnage survie grâce à l’espoir de se sortir de cette situation et de revoir un jour sa famille, la résignation et l’abandon le transforment petit à petit en esclave docile acceptant la souffrance et les ordres. Au risque même de perdre ce qui lui reste de solidarité.

Les images sont parfois dures, une simulation du réel qui ne peut que faire réagir le spectateur. Des plans séquences incroyables, avec un jeu d’acteur bluffant que ce soit Chiwetel Ejiofor dans le rôle de Solomon ou Michael Fassbender dans le rôle de l’esclavagiste. Ce dernier campant un homme perturbé, nerveux et se fourvoyant dans un discours religieux alors qu’il profite de ses esclaves féminines la nuit, faisant preuve alors d’une dépravation sexuelle écœurante.

De temps à autre, le film se permet quelques longueurs. Le spectateur a ainsi le temps de ressentir ou en tout cas de presque palper l’impuissance, la solitude, la rage et tous ce que peut ressentir l’homme devenu esclave.

Très stylisé dans sa mise en scène, le film utilise à bon escient la lumière et les paysages très particuliers de la Louisiane. On profite d’une bande-son assez discrète et agréable même si le thème nous rappelle (à tort ou à raison) qu’on regarde un film à récompenses hollywoodiennes.

Bref, une histoire, un contexte et une réalité dramatique. Un jeu saisissant de certains acteurs. Une réalisation de qualité.

Vu en VOst le 04/02/14. Sorti le 22/01/14. (2H10) Des scènes peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

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